Les accords d'Oslo, la feuille de route et l'accord de
Genève 2), pour ne citer que ces documents, tous,
essaient de remettre la pendule à zéro et
d'oublier le passé. Ceci est facile pour ceux qui
n'ont rien perdu. Mais toute solution qui ne tient pas compte
des perdants ne fait que renforcer leur volonté de
la faire échouer. Il nous faut donc commencer par
parler des perdants, comme le font d'ailleurs bon nombre
de juifs qui refusent l'injustice.
I. De la Terre de Canaan à la Terre des juifs
La terre qui fait l'objet de conflits entre Israéliens
et Palestiniens porte dans la Bible le nom de "Canaan".
C'est ce nom que Dieu a utilisé en parlant à
Abraham (père chimérique ou réel, charnel
ou spirituel des juifs, des chrétiens et des musulmans):
À toi et à ta race après toi, je
donnerai le pays où tu séjournes, tout le
pays de Canaan, en possession à perpétuité
(Genèse 17:8).
Cette terre n'a jamais appartenu à un seul groupe
religieux à travers l'histoire. Et tous les groupes
qui y ont vécu ont connu leur lot de persécution
et d'expulsion: les canaanites, les juifs, les palestiniens,
les chrétiens et les musulmans.
Partant de considérations religieuses, et invoquant
leur histoire de persécution, les juifs ont tenté
pendant le siècle passé de récupérer
la Palestine pour en faire un foyer national. Ils ont été
aidé en cela par leurs persécuteurs occidentaux
qui voulaient à la fois s'en débarrasser et
se dédouaner, et probablement pour maintenir un foyer
de tension permettant leur intervention et favorisant la
vente des armes.
Ben-Gurion, un des fondateurs et premier Premier Ministre
d'Israël, déclarait en 1937 que la Palestine
n'appartenait pas à ses habitants d'alors, et que
ce pays devait résoudre non pas le problème
de deux nations, mais d'une seule nation, les juifs de partout
3).
Cette déclaration de Ben-Gurion s'inscrit dans la
ligne du programme du mouvement sioniste fondé par
Theodor Herzl en 1897, qui visait à faire de la Palestine
une patrie pour les seuls juifs. La mise à exécution
de ce programme a été l'oeuvre de groupes
terroristes israéliens dont le Stern et l'Irgoun.
Ceux-ci ont vidé le pays des trois quarts de ses
habitants non-juifs 4) qui sont pourtant considérés
par le plan de partage de l'ONU de 1947 comme citoyens de
l'État juif 5). Ce qui s'est passé en Palestine
est résumé d'une manière sans équivoque
par Shimon Pérès dans un article paru dans
Le Monde du 23 septembre 1988: "Voici cent ans, le
mouvement sioniste s'est consacré à la réalisation
d'une majorité juive dans un seul pays, le pays du
peuple juif. L'État juif, cela signifie un État
où les juifs sont une majorité claire".
II. Expulsion et destruction lors de la création
d'Israël
L'expulsion des Palestiniens a été accompagnée
par une politique de destruction massive de leurs localités.
Israël Shahak, Professeur à l'Université
Hébraïque de Jérusalem, est le premier
auteur israélien à avoir dénoncé
la destruction des villages palestiniens après 1948
et l'expulsion de leurs habitants. Il en publia une première
liste dans son livre "Le racisme de l'État d'Israël".
Il écrit à ce propos:
La vérité sur les populations arabes, telles
qu'elles existaient sur le territoire de l'État d'Israël
avant 1948, est l'un des secrets les mieux gardés
de la vie israélienne. Aucune publication, aucun
livre ou brochure qui donne leur nombre, ou leur emplacement.
Ce silence, bien sûr, a pour but l'authentification
du mythe accepté officiellement, d'un pays désert.
Ce mythe est enseigné et admis dans les écoles
israéliennes, et répété aux
visiteurs. Une telle falsification des faits est une des
plus graves infractions à la loi morale et l'un des
obstacles les plus importants contre toute possibilité
de paix. Une paix qui ne soit pas basée ni sur la
force, ni sur l'oppression. Cette falsification est, à
mon avis, d'autant plus grave qu'elle est presque universellement
admise hors du Moyen-Orient. Étant donné que
les villages arabes furent presque toujours détruits
complètement avec leurs maisons, leurs clôtures,
et même leurs cimetières et leurs tombes, pas
une pierre n'étant restée visible, les visiteurs
peuvent accepter l'idée qu'il n'y avait là
qu'un désert. Je pense donc que le premier devoir
d'un honnête homme à l'intérieur et
à l'extérieur d'Israël est d'essayer,
autant qu'il le peut, de faire connaître la vérité
6).
La liste de Shahak a été vérifiée
par Christophe Uehlinger, de l'Université de Fribourg,
à partir de cartes géographiques israéliennes
indiquant les localités détruites 7). La liste
d'Uehlinger donne les noms de 383 localités palestiniennes
détruites par Israël après sa création.
Nous indiquons ici le nombre des localités détruites
classées par districts:
District de Safed: 76
District de Ramleh: 54
District de Haïfa: 45
District de Gaza: 45
District de Jérusalem: 37
District d'Acre: 25
District de Tibériade: 24
District de Bisan: 22
District de Jaffa: 19
District d'Hébron: 15
District de Tulkarem: 10
District de Jénin: 6
District de Nazareth: 4
District de Beershéva: 1
Ceci représente environ 81% de l'ensemble des localités
palestiniennes qui existaient dans les frontières
avant 1967. A ces villages, il faut ajouter un très
grand nombre de tribus expulsées ou massacrées
et dont la liste est reproduite par le Professeur Shahak.
Ajoutons aussi que les non-juifs des villes comme Tibériade,
Safad, Majdal (Ashqelon), Isdud (Ashdod) et Beershéba
ont été presque entièrement expulsés.
A Lod, Ramleh, Jaffa, Haïfa et Acre, les non-juifs
ont été en grande majorité expulsés;
ceux qui y sont restés ont été logés
par la force dans des ghettos 8).
L'expulsion massive des non-juifs avait pour but de vider
le pays. Après l'expulsion, l'État d'Israël
a forgé un arsenal juridique pour faire venir les
juifs à leur place, pour leur garantir la majorité
dans le pays et pour déposséder les Palestiniens
de leurs terres. Parmi ces lois il faut surtout mentionner
la loi du retour de 1950 qui accorde à tout juif
le droit d'immigrer en Israël 9). Un amendement de
1970 précise: "Pour les besoins de cette loi,
est considérée comme juive une personne née
de mère juive ou convertie au judaïsme et qui
n'appartient pas à une autre religion" 10).
La loi de 1952 accorde la nationalité automatiquement
à tout juif qui se trouvait en Palestine avant la
création de l'État d'Israël et à
tout juif qui y viendrait après sa création
11). Un amendement de 1971 permet même d'accorder
la nationalité israélienne sans nécessité
de venir s'installer en Palestine 12). Claude Klein écrit
en 1977: "Depuis l'adoption de cet amendement, il semble
que plusieurs centaines de personnes aient bénéficié
de ce mode très spécial d'acquisition de la
nationalité" 13).
La facilité avec laquelle un juif acquiert la nationalité
israélienne contraste avec la difficulté rencontrée
par le non-juif, même né en Palestine, à
acquérir cette nationalité. Cette difficulté
est renforcée par l'interdiction du retour des réfugiés
palestiniens dans leur pays.
Le 11 mai 1949, Israël a été admis comme
membre de l'ONU. Le préambule de la résolution
273 (III) relative à cette admission renvoie à
la résolution 194 du 11 décembre 1948, qui
reconnaît aux réfugiés palestiniens
qui le désirent le droit "de rentrer dans leurs
foyers le plus tôt possible et de vivre en paix avec
leurs voisins". Cette dernière résolution
ajoutait que "des indemnités doivent être
payées à titre de compensation pour les biens
de ceux qui décident de ne pas rentrer dans leurs
foyers et pour tout bien perdu ou endommagé lorsque,
en vertu des principes du droit international ou en équité,
cette perte ou ce dommage doit être réparé
par les gouvernements ou autorités responsables".
Le droit au retour a été confirmé à
plusieurs reprises par les Nations Unies 14) mais toujours
rejeté par Israël.
Des réfugiés palestiniens ont essayé
de revenir dans leur pays en traversant clandestinement
les frontières. L'État d'Israël, cependant,
les a de nouveau expulsés. Face au nombre croissant
de ces infiltrés, des ordres ont été
donnés à l'armée pour qu'elle tire
à vue sur toute personne qui tenterait de revenir
chez elle 15). En 1954, une loi a été promulguée
prévoyant des sanctions sévères contre
les infiltrés, et leur réexpulsion. Cette
loi n'est appliquée qu'à l'égard des
non-juifs qui reviennent dans leur propre pays 16).
Signalons ici que la destruction des villages palestiniens
par Israël n'a pas encore pris fin. Il existe 122 villages
palestiniens à l’intérieur des frontières
d'avant 1967 qui ne sont pas reconnus par Israël. Ce
sont des villages auxquels les autorités israéliennes
ne fournissent ni eau, ni électricité, ni
services médicaux. Ils sont menacés de démolition
et d'évacuation par Israël afin de pouvoir construire
de nouvelles maisons pour les immigrants juifs 17). Les
habitants palestiniens de ces villages proviennent de localités
détruites dont ils ont été chassés.
Ils réclament aussi le droit au retour dans leurs
terres. Ils seraient environ 250'000 personnes, selon un
communiqué publié le 19 novembre 1999 18).
III. Expulsion et destruction après 1967
L'expulsion des Palestiniens a été poursuivie
par Israël après l'occupation de 1967. Les avions
israéliens, volant à basse altitude sur les
3 camps de réfugiés dans la plaine de Jéricho,
ont fait fuir 70'000 réfugiés palestiniens
vers l'autre côté du Jourdain. Après
la guerre, ils ne furent pas autorisés à y
revenir.
Il faut y ajouter environ 140'000 Palestiniens qui ont quitté
les territoires occupés. Les raisons de leur départ
sont multiples. Certains sont allés rejoindre des
membres de leur famille qui se trouvaient de l'autre côté
du Jourdain et dont ils craignaient la séparation.
D'autres, par contre, furent forcés de partir.
Une des nombreuses mesures visant à évacuer
le pays de ses habitants non-juifs est la déportation
des femmes qui ne possèdent pas de carte d'identité
militaire israélienne et qui sont mariées
à des Palestiniens des territoires occupés.
La politique israélienne de destruction a été
poursuivie après la guerre de 1967, mais à
une échelle moindre que ce qui avait été
fait après la création de l’État
d’Israël. Ainsi dans la région de Latroun,
les habitants de Beit-Nuba, Yalou et Emmaüs, ont été
sommés de quitter leur village avant que les bulldozers
ne rasent toutes les maisons. Leurs terres et leurs machines
agricoles ont été livrées aux kibboutzim
voisins. Sur l'emplacement de ces villages, Israël
a planté une forêt dite Parc Canada pour pique-niqueurs,
financée par la générosité de
la communauté juive canadienne. Ce Parc a coûté
15'000'000 dollars selon un document distribué aux
visiteurs. Quant aux habitants, ils ne sont même pas
autorisés à enterrer leurs morts près
de leurs ancêtres. Certains ont pris le chemin de
l'exil vers la Jordanie et d'autres ont été
mis dans des camps de réfugiés 19). Il faut
ajouter à ces destructions de villages, les milliers
de maisons démolies et les milliers d'arbres fruitiers
déracinés par Israël dans le but de pousser
les Palestiniens à l'exil. Le mur de Sharon est à
inscrire dans ce vaste programme de déracinement
du peuple palestinien par les juifs.
Si des Palestiniens interdits de retourner chez eux ont
pu faire leur place au soleil, d'autres continuent encore
aujourd'hui à vivre dans une soixantaine de camps
pour réfugiés gérés par l'UNRWA,
une organisation créée par l'ONU pour couvrir
le crime qu'elle a commis contre les Palestiniens. Ces camps
se trouvent au Liban, en Syrie, en Jordanie, en Cis-Jordanie
(20 camps) et dans la Bande de Gaza (8 camps). C'est dire
que les réfugiés sont à quelques kilomètres
de leurs terres et de leurs maisons, interdits d'y retourner
pour le seul crime de ne pas être juifs, alors qu'Israël
donne le droit à tout juif, y compris les convertis,
de venir s'installer sur leurs terres et dans leurs maisons.
IV. Plans de transfert
De nombreuses voix s'élèvent en Israël
pour demander l'expulsion de tous les Palestiniens des territoires
occupés par Israël en 1967. Ces idées
étaient déjà développées
dans le journal Davar du 29 septembre 1967 par Josef Weitz,
vice-président du Comité de direction du Fonds
national juif de 1951 à 1973. Pour lui, l'État
d'Israël, comprenant la Cisjordanie, la Bande de Gaza,
le Sinaï et les hauteurs du Golan, doit rester un État
juif, avec une petite minorité non-juive ne dépassant
pas les 15%. Il ajoutait:
Entre nous, nous devons être clairs sur le fait
qu'il n'y a pas de place dans le pays pour deux peuples
ensemble. Avec les arabes, nous ne pourrons pas atteindre
notre but d'être un peuple indépendant dans
ce pays. La seule solution est un Eretz Israel sans arabes,
au moins dans la partie ouest d'Eretz Israel, ... et il
n'existe pas d'autres moyens que de transférer les
arabes d'ici aux pays voisins, les transférer tous,
sans laisser un seul village ou une seule tribu, et le transfert
doit se faire vers l'Irak, la Syrie et la Trans-Jordanie.
Dans ce but, il faut trouver de l'argent, beaucoup d'argent;
et c'est seulement avec un tel transfert que le pays pourra
absorber des millions de nos frères juifs. Il n'existe
aucune autre alternative 20).
Yosef Weitz a de la suite dans les idées. Déjà
en septembre 1948, il déclarait que les réfugiés
palestiniens devaient être continuellement harcelés
pour les éloigner le plus possible de leurs terres
21).
Dans une réunion tenue à Tel-Aviv en février
1988, le général israélien Zeevi proposait
de résoudre le problème des Palestiniens des
territoires occupés par un transfert dans les pays
arabes voisins affirmant qu'il "n'existe pas de solution
plus juste et plus humaine" que cette solution 22).
Ce général a réitéré
ses propos à la Radio israélienne le 28 juin
1988 23). Il n'a pas dit comment il comptait procéder
si ces Palestiniens refusaient de quitter leur pays. Il
n'a pas non plus dit quel est le crime commis par ces Palestiniens
pour être déportés de leur propre pays,
ni ce qu'il entendait faire de leurs terres et de leurs
biens. En 2001, quelques mois avant sa liquidation par un
commando du FPLP, il comparait déjà les Palestiniens
à des "serpents" 24). Il était alors
le Ministre du tourisme.
Le transfert ne devrait pas se limiter aux Palestiniens
de la Cis-Jordanie et de la Bande de Gaza, mais s'étendre
aux Palestiniens qui vivent en Israël (appelés:
Arabes israéliens), selon les déclarations
du Ministre israélien Avigdor Lieberman à
la radio israélienne 25). Un article paru dans Haaretz
le 18 février 2001 va jusqu'à proposer la
castration des arabes et le paiement d'un montant à
tout arabe qui accepterait de se faire castrer 26).
Signalons que le parti israélien Moledet a inscrit
expressément dans son programme politique l'exigence
du transfert vers les pays arabes de tous les Palestiniens
qui vivent en Cisjordanie et dans la Bande de Gaza 27).
Si un tel projet se réalisait, cela ne mettrait pas
forcément fin à l'appétit sioniste
dont le but final serait la réalisation du Grand
Israël s'étendant de l'Euphrate jusqu'au Nil,
tel que délimité dans la Bible (Genèse
15:18). Certes, Israël a la capacité militaire
de réaliser ce projet ambitieux, surtout grâce
à l'aide inconditionnelle américaine et aux
milieux fondamentalistes chrétiens. Mais à
quel prix? Israël est déjà perçu
par la majorité des européens comme la plus
grande menace pour la paix mondiale, avant la Corée
du Nord, l'Iran et l'Afghanistan 28). L'expulsion des Palestiniens
des territoires occupés et une tentative d'étendre
ses frontières au-delà du Jourdain de la part
d'Israël leur donneraient entièrement raison.
On risquerait à ce moment là, d'assister à
une déflagration générale aux conséquences
imprévisibles au Proche-Orient. Il ne faut rien exclure,
mais espérons que la folie des sionistes et des fondamentalistes
chrétiens ne poussera pas l’histoire jusqu’à
ce point de non-retour. Voyons maintenant les autres solutions
proposées.
V. Création de deux États
La communauté internationale voit la solution des
deux États comme la seule possible au conflit entre
Palestiniens et Israéliens, un État dominé
par une majorité juive, et l'autre État par
une majorité musulmane. Toutes les propositions ont
en commun l'exclusion du droit au retour des réfugiés
à l'intérieur des frontières d'Israël
de 1967, bien que ce droit soit continuellement réaffirmé
par les Palestiniens. Certaines propositions permettent
l'intégration de quelques milliers de réfugiés
comme geste de bonne volonté de la part d'Israël.
D'autres propositions vont jusqu'à interdire à
l'État palestinien d'ouvrir ses portes aux réfugiés
palestiniens vivant en Jordanie, au Liban et en Syrie, alors
qu'Israël gardera toujours le droit de permettre à
tout juif, y compris les convertis, de venir s'installer
sur la terre et dans les maisons de ces réfugiés
palestiniens. L'État palestinien en question ne serait
d'ailleurs pas un État bénéficiant
de toutes les prérogatives de la souveraineté.
Ainsi, ses frontières extérieures, son espace
aérien et ses ressources aquatiques resteraient sous
la mainmise des Israéliens. Il ne pourra évidemment
pas se doter d'armes ou nouer des alliances militaires qui
menaceraient Israël. Bref, il s'agirait d'un État
inféodé à Israël. Cette solution
a pour but principal d'enterrer à tout jamais le
droit des réfugiés palestiniens de retourner
chez eux et de légitimer l'injustice commise contre
eux par Israël.
On dit d'Hitler qu'il voulait envoyer une flotte maritime
à la Mer morte. On lui signala alors qu'il s'agissait
d'une mer fermée sans passage. Ceux qui proposent
la solution de deux États feraient mieux de regarder
la carte géographique pour nous dire où est-ce
qu'ils entendent mettre les deux États dans une terre
petite comme un mouchoir de poche. Mais supposons que cette
solution soit réalisable, quelles en seraient les
conséquences?
1) L'État d'Israël resterait un État
dominé par les juifs, pratiquant la discrimination
contre les femmes et les non-juifs qui y vivent, notamment
en continuant sa politique de destruction des localités
encore existantes des Palestiniens, et de dépossession
de leurs biens immobiliers, en les reléguant comme
des citoyens de deuxième zone, et en les menaçant
continuellement de privation de la nationalité israélienne
et des droits politiques. Ce serait un État qui violerait
les droits de l'homme à grande échelle et
se fanatiserait continuellement, avec une augmentation du
poids des partis religieux. La liberté religieuse
serait bannie. Le nettoyage ethnique se poursuivrait. Les
lois raciales actuelles seraient accentuées, et il
ne serait pas exclu de voir ressurgir le projet de loi du
Rabbin Kahane proposé à la Knesset en septembre
1984 dont nous citons ici quelques paragraphes:
- Aucun non-juif ne résidera à l'intérieur
de la ville de Jérusalem.
- Les non-juifs n'auront ni droits nationaux ni participation
dans la vie politique au sein de l'État d'Israël.
Un non-juif ne pourra être nommé à aucun
poste de pouvoir. Il ne sera pas admis à participer
à des élections pour la Knesset ou pour tout
autre organe étatique ou public.
- Il est interdit aux citoyens et résidants juifs,
hommes et femmes, d'épouser des non-juifs, en Israël
ou à l'étranger. De tels mariages mixtes ne
sont pas reconnus devant la loi.
- Il y aura séparation absolue entre les établissements
d'instruction juifs et non-juifs.
- Des relations sexuelles, complètes ou partielles,
sont interdites entre citoyens juifs, hommes et femmes,
et des non-juifs. Ceci comprend les relations hors mariage.
Les violations seront sanctionnées de 2 ans d'emprisonnement.
- Un non-juif qui a des relations sexuelles avec une prostituée
juive ou avec un mâle juif est passible de 5 ans d'emprisonnement.
Une prostituée juive ou un mâle juif qui a
des relations avec un homme non-juif est également
passible de 5 ans d'emprisonnement,
- Les camps de vacances et toutes autres activités
mixtes juifs-arabes seront abolis. Des programmes de visites
entre élèves juifs et arabes dans leurs villages
ou maisons respectifs seront abolis. Des voyages à
l'étranger où un enfant juif est l'hôte
d'une famille non-juive seront interdits comme des visites
analogues en Israël par des non-juifs. 29)
Précisons que Kahane a été soutenu
par la haute hiérarchie religieuse israélienne
comme l'ancien grand rabbin ashkénaze Shlomo Goren.
Celui-ci s'était déclaré contre la
loi anti-raciste, pourtant très formelle, parce qu'elle
visait à supprimer la démarcation entre les
non-juifs et les juifs. Il s’opposait aussi, comme
l'actuel grand rabbin ashkénaze, à la rencontre
entre des jeunes juifs et des jeunes non-juifs 30).
2) Le soi-disant État palestinien serait un État
islamique pratiquant la discrimination contre les femmes
et les non-musulmans qui y vivent. Le projet de constitution
palestinienne est un indicateur qui ne trompe pas à
cet égard 31). Le droit musulman aurait le dernier
mot, notamment en matière de droit de famille et
de droit successoral. La liberté religieuse serait
bannie. Les réfugiés palestiniens, principaux
perdants, pourraient fomenter alors une guerre civile, assassiner
leurs dirigeants et continuer leurs attentats contre l'État
d'Israël. Pour y mettre fin, Israël réoccuperait
le territoire de l'État palestinien, et on sera de
retour à la case de départ. Face à
la force écrasante d'Israël, il ne serait pas
exclu que les réfugiés palestiniens recourent
à des armes non conventionnelles, faciles à
produire et à dissimuler et susceptibles de semer
le désarroi dans les rangs ennemis. Le monde assisterait
alors à l'extermination mutuelle des Palestiniens
et des juifs. Ce serait la victoire posthume d’Hitler.
La Palestine serait alors un territoire inhabité
comme l'île Gruinard, au large de l'Écosse,
utilisée comme lieu d'expérimentation d'armes
biologiques par les anglais pendant la deuxième guerre
mondiale 32). Ceci risque d'ailleurs d'arriver dans la situation
conflictuelle actuelle avec le désespoir dans lequel
sont poussés les Palestiniens 33).
VI. Création d'un État démocratique
Face aux conséquences tragiques auxquelles conduirait
inéluctablement la solution des deux États
et le maintien de la situation actuelle, la seule solution
possible reste la création d'un seul État
en Palestine/Israël. Un État que nous pouvons
appeler Canaan, le nom biblique d'origine de ce pays, à
moins que la population ne choisisse un autre nom.
Cette solution est de plus en plus avancée par des
milieux tant Israéliens que Palestiniens 34). Un
argument sentimental de taille plaide pour cette solution:
les juifs comme les Palestiniens considèrent tous
Israël/Palestine comme leur patrie. Diviser le pays
signifie priver les juifs et les Palestiniens d’une
partie de leur pays chéri. Tous deux se sentiraient
frustrés. En maintenant le pays uni, chacun pourrait
vivre et voyager où bon lui semble, sans frontières.
Il aurait le sentiment que tout le pays est son pays.
Il y a ensuite l'argument économique. Les Israéliens
ont toujours eu recours aux travailleurs palestiniens depuis
1967. Quand ils ont essayé de punir les Palestiniens
en leur refusant le droit de travailler en Israël,
ils ont été obligés d’aller
chercher des travailleurs en Asie et en Europe de l’Est.
Même aujourd’hui, Sharon utilise des travailleurs
palestiniens pour construire son mur. D’autre part,
les Palestiniens ont peu de possibilités économiques
dans les zones surpeuplées de Cisjordanie et de Gaza,
surtout après la destruction de leur infrastructure
économique par Israël, la confiscation d’une
grande partie de leurs terres et l’arrachage de milliers
d'arbres fruitiers. La misère a toujours été
un terreau fertile pour l’extrémisme. Vous
ne pouvez pas dormir en paix lorsque votre voisin hurle
de faim, surtout si vous êtes en train de dormir dans
sa maison et sur sa terre. Une politique économique
équitable dans la région serait un moyen propice
pour la paix dans la région.
Jusqu'à maintenant aucun cadre juridique n'a été
tracé pour un tel État, si l'on excepte les
principes établis par l'Association pour un seul
État démocratique en Palestine/Israël
35). Or, pour qu'une telle solution soit acceptée
par les deux principales parties antagonistes, à
savoir les juifs et les musulmans, et appuyée par
les autres minorités qui y vivent, à savoir
les chrétiens, les druzes, les samaritains et les
laïcs, il faut un cadre juridique garantissant le respect
des droits de l'homme, la sécurité et la prospérité.
En ce qui concerne la principale violation des droits de
l'homme en Palestine/Israël, à savoir l'expulsion
des Palestiniens de leurs terres et la destruction de leurs
localités et de leurs biens, l'État en question
devrait permettre le retour et l'octroi de la nationalité
à tous les réfugiés palestiniens qui
le souhaitent. Une solution équitable devrait être
adoptée pour les personnes vivant sur les terres
et dans les maisons des réfugiés palestiniens
et pour celles vivant dans les colonies créées
après 1967 36). Tous les prisonniers politiques et
prisonniers de guerre devraient être libérés.
Des commissions de réconciliation devraient être
créées afin de soigner et indemniser les victimes
des deux côtés. Un fonds national devrait être
créé à cette fin. Les citoyens du nouvel
État auraient le droit de choisir librement le lieu
de leur résidence à l’intérieur
des frontières de cet État, et celui de s’installer
sur leur propre propriété. Une loi respectant
le principe de non-discrimination devrait réglementer
la citoyenneté et l’immigration.
Les juifs craignent que la création d'un seul État
ne conduise à une majorité mathématique
musulmane et l'application de normes discriminatoires à
leur égard. Cette même crainte est d'ailleurs
partagée par les autres communautés. Les musulmans
et les autres minorités craignent aussi la discrimination
pratiquée par un État à majorité
juive, comme c'est le cas maintenant en Israël. Pour
dissiper cette crainte de part et d'autre, il faudrait que
la religion cesse d'être un critère de discrimination
et de privilèges. Ce qui signifie que l'État
doit être laïc. Ceci implique forcément
l'abolition de toutes les lois communautaires en matière
de statut personnel et l'adoption d'une seule loi applicable
à tous, rejetant toute discrimination sur la base
de la religion et du sexe. Dans un tel État, l'appartenance
religieuse importerait peu, et les personnes seraient jugées
sur la base de leur compétence. Le système
laïc permettrait les mariages mixtes dans tous les
sens et l'intégration progressive des différentes
communautés. Le lien de sang ainsi créé
serait un garant pour le maintien de l'unité du pays.
Il faudrait créer un registre civil et instaurer
le mariage civil obligatoire avec la possibilité
d’une cérémonie religieuse après
celui-ci.
Il faudrait à cet égard éviter la création
d'une confédération de deux entités
politiques. De telles entités risquent fort de maintenir
les lois et les tribunaux religieux discriminatoires actuels
existants en Israël et dans les Territoires occupés.
Il faudrait aussi écarter le système à
la libanaise qui est loin de respecter la liberté
religieuse et provoque des frictions entre les différentes
communautés.
L'État devrait avoir un parlement et un gouvernement
unifiés et démocratiquement élus. Les
partis politiques devraient respecter le principe de non-discrimination
dans leurs programmes et à l’égard
des membres. L'État devrait avoir une armée
unifiée et une force de police unifiée. Les
citoyens décident d’une constitution démocratique
unifiée respectant le principe de non-discrimination,
du nom du pays, de son hymne et de son drapeau.
L'État devrait respecter le droit à la vie
et à l’intégrité physique, ce
qui implique, entre autres, l'abolition de la peine de mort
et de la circoncision masculine et féminine. L'État
devrait aussi respecter le droit à la liberté
de religion, y compris le droit de changer de religion.
L'État devrait établir un système éducatif
intégrant tous ses citoyens. Ceci implique la création
d’écoles primaires, secondaires et supérieures
publiques et unifiées et de programmes respectant
le principe de non-discrimination, avec la possibilité
de créer des écoles privées à
condition qu’elles respectent le principe de non-discrimination.
L’arabe et l’hébreu seraient les langues
nationales officielles. Les principes pour la solution pacifique
des conflits doivent être promus. L'État devrait
créer un système social et économique
basé sur l’égalité des droits,
intégrant tous ses citoyens et respectant le principe
de non-discrimination.
L'État devrait prendre des mesures d'intégration
dans le but de contribuer à la réconciliation
entre les différentes communautés. Ces mesures
incluraient la création de cimetières publics
unifiés, où chacun pourrait être enterré,
avec la possibilité de cérémonies religieuses
privées, et l’ouverture des cimetières
religieux actuels à toute personne, quelle que soit
sa religion, conformément au principe de non-discrimination.
Cette mesure est inspirée par la Constitution suisse
de 1874 qui avait pour tâche de réconcilier
les catholiques et les protestants.
En ce qui concerne les rapports de cet État avec
les États voisins, on pourrait envisager ultérieurement
la formation d'une fédération ou une confédération
à condition que lesdits États respectent strictement
les principes mentionnés ci-dessus. Il faut éviter
à tout prix les confédérations de "chameaux
boiteux".
La solution d'un seul État aurait pour avantage de
respecter pleinement les droits de l'homme, d'éliminer
la discrimination sur la base de la religion ou du sexe
et de réduire le fanatisme dans la région.
Il pourrait servir de modèle aux pays voisins. Les
principes susmentionnés visent un changement en profondeur
de la société, et non seulement une solution
politique superficielle.
VII. En guise de conclusion
Dans un discours prononcé le 5 mai 1991 devant la
Knesset israélienne, le violoniste Yehudi Menuhin
disait:
Ceux qui vivent par le glaive périront par le
glaive, et terreur et peur provoquent terreur et peur. La
haine et le mépris sont fatalement contagieux....
Un fait est sûrement abondamment clair, à savoir
que cette façon dévastatrice de gouverner
par la peur, par le mépris de la dignité fondamentale
de la vie, cette asphyxie continue d'un peuple dépendant
devraient être les dernières méthodes
adoptées par ceux qui, eux-mêmes, connaissent
trop bien l'horrible signification, la souffrance inoubliable
d'une telle existence... Cela n'est pas digne de mon grand
peuple, les Juifs 37).
Dans une interview, le Père Elias Chacour, originaire
de Biram, un des villages détruits par Israël,
dit:
Nous sommes des citoyens de seconde zone, oui, s'il y
a des zones. Je crois en fait qu'il n'y a qu'une zone en
Israël, la zone de citoyenneté juive. Il y a
ensuite la non-zone, la marge, où les non-juifs sont
tolérés, mais ne sont pas acceptés,
car ils ne trouvent pas la solution pour s'en débarrasser.
Heureusement, il y a des juifs, très peu, - mais
ils existent- qui protestent contre cette ségrégation.
Et je crains que d'ici très peu de temps, si Israël
ne change pas fondamentalement de politique, ne se convertit
pas, c-à-d. ne change pas de direction politique,
je crois qu'il n'y aura qu'une seule option pour survivre
ici, c'est l'option militaire. Cela ne peut faire de racines
ici, car la Palestine, depuis avant Abraham, depuis Melchisédech,
n'a jamais accepté un conquérant qui n'essaye
pas de faire de racines. Ils ne sont pas en train de faire
des racines. Ils sont en train de planter la haine dans
le coeur des Palestiniens. Il faut que cela change, s'ils
veulent vivre et survivre avec une certaine qualité
de vie humaine au Proche-Orient 38).
La Déclaration universelle des droits de l'homme
affirme dans le préambule:
Il est essentiel que les droits de l'homme soient protégés
par un régime de droit pour que l'homme ne soit pas
contraint, en suprême recours, à la révolte
contre la tyrannie et l'oppression.
Cette affirmation des auteurs de la Déclaration universelle
des droits de l'homme confirme la parole du prophète-poète
Isaïe qui, il y a 2700 ans, disait: "La paix sera
le fruit de la justice" (Isaïe 32:17).
Si véritablement Israël cherche la paix au Proche-Orient,
il doit se conformer à ce principe de la justice
au lieu de s'entêter dans sa politique contraire aux
droits de l'homme. Il doit à cet effet permettre
aux réfugiés palestiniens de revenir chez
eux et traiter les Palestiniens sur un pied d'égalité
avec les juifs. Pourquoi le fait d'être chrétien
ou musulman fait du Palestinien un candidat aux camps de
réfugiés, aux prisons, à la torture,
à la déportation ou à la mort? Pourquoi?
Le jour où le chrétien, le musulman et le
juif seront considérés par Israël et
ses alliés comme des êtres humains égaux
et traités sur un pied d'égalité, ce
jour-là sera le premier jour de paix au Proche-Orient.
Il est grand temps d'arrêter de construire des murs
et de commencer à ériger des ponts pour une
juste paix selon l'esprit d'Isaïe.
Sami Aldeeb
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1) Chrétien arabe d'origine palestinienne et de nationalité
suisse. Licencié et docteur en droit de l'Université
de Fribourg (Suisse) et diplômé en sciences
politiques de l'Institut universitaire de hautes études
internationales de Genève. Responsable du droit arabe
et musulman à l'Institut suisse de droit comparé,
Lausanne. Auteur de nombreux ouvrages et articles (voir
la liste dans: http://go.to/samipage). Il est le président
de l'Association pour un seul État démocratique
en Palestine/Israël http://www.one-democratic-state.org
2) Voir cet accord dans: http://www.mideastweb.org/geneva1.htm
3) Ben-Gurion: Zionistische Aussenpolitik, Berlin, 1937,
p. 28, cité dans V. Waltz & J. Zschiesche: Die
Erde habt Ihr uns genommen, Berlin, 1986, p. 30.
4) Le Comité de Transfert a recommandé le
refus catégorique du retour des réfugiés
palestiniens dans leurs villages, mais seulement dans les
villes où ils ne devraient pas excéder 15%
de la population juive. Ceci si Israël était
pressé à accepter le retour des réfugiés
(Tom Segev: 1949, the first Israelis, The Free Press, Macmillan,
New York & London, 1986, p. 30).
5) Sur l'exode des Palestiniens voir Amnon Kapeliouk: Nouvelles
précisions sur l'exode des Palestiniens à
la lumière des archives officielles de l'Etat juif,
dans Le Monde diplomatique, déc. 1986, p. 18-19.
6) Israel Shahak: Le racisme de l'Etat d'Israël, Guy
Authier éditeur, Paris, 1975, p. 152.
7) Christophe Uehlinger: Localités palestiniennes
détruites après 1948, liste documentée,
2ème édition, Association pour reconstruire
Emmaüs, Ch-1025 St-Sulpice. Voir la liste dans: http://w1.858.telia.com/~u85819409/altinfo/list%20localities.htm
8) Uri Davis: Israel an apartheid State, Zed books, London
& New Jersey, 1987, p. 17-18. Les habitants arabes de
Haïfa ont été contraints de se replier
dans un ghetto laissant leurs maisons et leurs terres à
des juifs (Tom Segev, op. cit., p. 52-56).
9) Law of return, Laws of the State of Israel, vol. 4, p.
28-29.
10) Law of return (amendment no 2), Laws of the State of
Israel, vol. 24, p. 28.
11) Nationality law, Laws of the State of Israel, vol. 6,
p. 50-52.
12) Nationality (amendment no 3) law, Laws of the State
of Israel, vol. 25, p. 117.
13) Claude Klein: Le caractère juif de l'Etat d'Israël,
Edition Cujas, Paris 1977, p. 97.
14) Nations Unies: The right of return of the Palestinian
people, St/SG/SER. F/2, New York, 1978.
15) Tom Segev, op. cit., p. 61-63.
16) Prevention of infiltration law, Laws of the State of
Israel, vol. 8, p. 133-137.
17) CICP (Genève), information no 39, 27 janvier
1992, p. 8
18) Voir http://www.abnaa-elbalad.org/muhajareen.htm
19) Une Association pour reconstruire Emmaüs a été
fondée en Suisse. Une brochure sur ce village intitulée
Reconstruire Emmaüs, symbole de paix et de justice,
en français, en anglais et en allemand, peut être
obtenue à mon adresse: Ochettaz 17, CH-1025 St-Sulpice.
Voir les photos de la destruction d'Emmaüs dans: http://www.lpj.org/Nonviolence/Sami/Album.html
20) Davar, 29 septembre 1967, cité par Uri Davis,
op. cit., p. 5.
21) Tom Segev, op. cit., p. 30.
22) Journal de Genève et Le Monde, 25 février
1988.
23) Jerusalem (Tunis), no 38, juin 1988, p. 32.
24) http://www.palestinemonitor.org/focus/focus12.htm
25) Yedioot Ahronot, 24 janvier 2002 et 5 avril 2002.
26) Voir les pages 48-50 du rapport http://www.sikkuy.org.il/report/Sikkuy%20Report%202002.doc
27) Return (London), no 2, mars 1990, p. 33. Voir aussi
http://www.moledet.org.il/english/transfer.html .
28) International Herald Tribune, 31 octobre 2003: http://www.iht.com/ihtsearch.php?id=115858&owner=(IHT)&date=20031031121947
29) La Liberté (Fribourg), 31 oct./1er nov. 1985;
MEI, 22 nov. 1985, p. 15. Voir une comparaison entre le
projet de Kahane et les lois raciales de Hitler dans: http://www.davidmargolis.com/article.php?id=14
30) Jerusalem Post, 24 mars 1986, p. 3.
31) Voir mon commentaire dans: http://www.lpj.org/Nonviolence/Sami/articles/eng-articles/PalConst.htm.
L'article 5 de ce projet dit que l'Islam est la "religion
palestinienne officielle" (Islam is the official Palestinian
religion). L'article 6 ajoute que "les principes du
droit musulman constituent une source principale de la législation"
(The principles of Islamic Shari’a are a major source
for legislation).
32) Voir sur cette île: http://news.bbc.co.uk/1/hi/scotland/1457035.stm
33) Des informations circulent sur le danger de l'utilisation
d'armes biologiques par les Palestiniens. Voir: http://216.26.163.62/2002/me_palestinians_04_09.html;
http://www.ict.org.il/articles/articledet.cfm?articleid=376;
http://www.freedomdomain.com/Templemount/8_14a.html; http://mailman.io.com/pipermail/freemanlist/2003-February/000115.html.
Signalons ici qu'Israël possède déjà
des armes chimiques, biologiques et atomiques. Voir: http://www.bsos.umd.edu/pgsd/people/staffpubs/Avner-CBWart.pdf;
http://www.nti.org/e_research/e1_israel_bwabstracts.html;
http://www.strategypage.com/messageboards/messages/22-13.asp;
http://www.ceip.org/files/nonprolif/templates/article.asp?NewsID=2669;
http://www.indexonline.org/news/20030301_103_sammonds.shtml;
http://communication.ucsd.edu/911/massdestruction.html
34) Voir les articles dans: http://www.one-democratic-state.org/articles/index.html
et http://www.one-state.org/articles/
35) Voir les statuts de cette association dans différentes
langues dans: http://www.one-democratic-state.org/Bylaws/index.html
36) Signalons ici qu'une bonne partie des terres palestiniennes
est restée inoccupée, souvent couverte par
des forêts pour effacer les traces des villages détruits,
comme ce fut le cas des trois villages de la région
de Latroun, d'Ikrit et de Biram au Nord d'Israël. Le
retour des réfugiés palestiniens dans ces
terres ne posera donc pas de problèmes majeurs.
37) Les médias israéliens ont passé
complètement sous silence ce discours. Seul le journal
palestinien Al-Fajr a transgressé la règle
occulte du silence en le publiant le 20 mai 1991. Nous le
citons ici d'après la revue Une Terre deux peuples,
juin 1991, p. 2-3. Voir aussi la version française
dans: http://www.decennie.org/article.php?sid=194. Version
anglaise dans: Washington Report on Middle East affairs,
July 1991: Address given by violinist Sir Yehudi Menuhin
to the Knesset upon receiving Israel's highest honor for
his accomplishments as a musician, May 5, 1991: http://www.washington-report.org/backissues/0791/9107039a.htm
38) Interview accordée à l'Agence de Presse
Internationale Catholique, mai 1988.